8 avril – Convergence des luttes syndicales en Morbihan

Jeudi 8 avril dernier, une mobilisation a été organisée à l’échelle départementale autour de plusieurs syndicats représentant différents secteurs. Retour sur cette journée de mobilisation syndicale.

Dans le secteur de la santé, la CGT des hôpitaux de Vannes et de Lorient mais aussi de l’Établissement Public de Santé Mentale (EPSM) de Saint Avé a mis en place des bureaux d’embauche.

Bureau d’embauche de Vannes

En effet, le secteur est en cruel manque de personnel. Aujourd’hui, en période de pandémie, plus que jamais, mais ce problème ne date pas de l’arrivée du Coronavirus dans nos vies.

 

La direction de l’Hôpital de Vannes joue un double jeu : d’un côté, elle assure ne pas avoir assez de postulant.es, or les travailleurs et les travailleuses assurent recevoir des CV et appels de postulant.es. Ce bureau d’embauche a donc été le moyen pour le syndicat de prouver que les demandes existent, la suite est à la direction de mettre les moyens pour embaucher.

Les syndicalistes dénoncent aussi l’attitude du gouvernement vis-à-vis du manque de moyens dans leur secteur. Le “Ségur de la Santé” n’a engendré que plus d’inégalités : une augmentation de salaire de 183 € a bien été convenue, mais sa répartition dans les hôpitaux est inégale, ce qui engendre des tensions entre collègues. La situation sanitaire s’aggrave : le nombre d’incidence du virus augmente dans le département et les urgences vannetaises sont saturées, il n’y a pas assez de place ni assez de lits pour acceuillir tous les patients. Malgré cela, le président demande (une fois de plus) aux soignant.es de faire des efforts ; sans jamais que leurs compétences soient reconnues et leur salaires ajustés en conséquence. [1]

En même temps, l’intersyndicale SUD-Solidaires, FSU, CGT se mobilisait pour les droits des Accompagnant des élèves en situation de handicap (AESH). Leur rôle est très peu connu du grand public mais ces personnels, majoritairement composés de femmes, sont d’une importance cruciale dans l’accès à l’école pour les élèves handicapé.es. Pourtant, ce sont des travailleurs et travailleuses précaires, dont les salaires ne s’élèvent qu’à 740€ par mois, avec des contrats à temps partiels, sans réelle formation et souvent peu, voire pas du tout équipé.es pour le télétravail. L’instauration des Poles Inclusifs d’Accompagnement Local (PIAL) permet l’affectation des AESH sur une zone étendue, sans qu’ils et elles n’aient de contrôle sur leurs affectations ; les rendant corvéables à merci. Cette situation est une véritable barrière au recrutement de nouveau personnel. L’intersyndicale revendique une hausse des salaires, une véritable formation et un réel statut pour les AESH.

Enfin, plus tard dans l’après midi, un rassemblement intersyndical s’est tenu devant la préfecture du Morbihan. Le syndicat CGT Mines et Energies célébrait les 75ans de la loi de nationalisation des secteurs de l’électricité et du gaz par des députés communistes du Conseil National de la Résistance, faisant de ces secteurs des services publics. Aujourd’hui, plusieurs projets de privatisation menacent ces services publics : le projet “Hercule”[2] et le projet “Clamadieu”. Sans rentrer dans le détail, ces projets ont pour finalité de casser les services publics énergétiques, les statuts de titualaires des salarié.es, menaçant leurs postes. Les syndicalistes mettent en avant leur alternative via le Plan Progressiste pour l’Energie (PPE)

Un entretien avec le délégué départemental de la CGT 56 et les différentes prises de paroles permettent d’élargir la portée du rassemblement aux autres secteurs en lutte : les agent.e.s territoriaux, en lutte contre une augmentation du temps de travail de 1607 heures ; les travailleurs et travailleuses de la Fonderie de Bretagne, en grève depuis près de 2 semaines ; les travailleurs et travailleuses de Mix Buffet en lutte pour de meilleures conditions de travail à Guer. La colère se fait entendre de plus en plus et la grève se généralise, petit à petit, assure le délégué départemental CGT.

Les différentes prises de parole soulignent la nécessité de la convergence des luttes

Toutes ces luttes syndicales s’inscrivent dans une perspective d’émancipation humaine et une répartition plus égale des richesses. La défense des services publics contre la généralisation des privatisations et de la gestion de services d’intérêts généraux par des actionnaires est plus que jamais nécessaire. Même si ces syndicats ne s’inscrivent pas dans une perspective révolutionnaire, nous soutenons quand même ces interventions qui animent notre département, toujours très mous. Autant que possible, nous essayons de distiller nos idées libertaires, d’auto-organisation et d’offensive révolutionnaire pour l’abolition de la société capitaliste. C’est dans la lutte que l’on imposera un monde plus juste, plus égalitaire, libre et démocratique. Ces luttes doivent converger et se coordonner au niveau national pour construire un rapport de force solide pour obtenir la victoire.

Force aux travailleurs et travailleuses en lutte ! Imposons un monde plus juste à travers la lutte !


Pour aller plus loin :

[1] Dossier de l’Union Communiste Libertaire : “Santé, pharma : socialiser, ouvrir une brèche”

[2] Article de Rapport de Force, “Grève dans l’énergie : où en est la bataille contre le projet Hercule ?”