Pays de Lorient : comme un air de backlash

La région de Lorient connait en ce moment plusieurs luttes sociales importantes. D’un côté les salarié.e.s de la Fonderie de Bretagne montent le ton face à Renault qui annonce poursuivre sa recherche d’un repreneur pour l’usine, ce qui cache en fait une volonté de fermer l’établissement, menaçant donc les plus de 380 travailleurs et travailleuses de la fonderie. De l’autre, les intermittent.e.s et précaires occupent le Grand Théâtre de Lorient depuis 2 mois maintenant afin de protester contre la réforme du chômage qui précarisera encore plus les populations et qui réclament le prolongement des droits des intermittent.e.s à tous.tes les précaires.

Malheureusement, on observe dans les 2 cas un retour de bâton (ou backlash en bon français) de la part des autorités locales et du patronat.

Une mobilisation toujours plus forte chez les fondeur.euse.s

Après plusieurs semaines de blocage de la Fonderie de Caudan et sans aucunes réponses de la part de Renault, les salarié.e.s passent à l’offensive.

Lundi ils et elles ont bloqués la sous-préfecture de Lorient afin que le Conseil Social et Économique (CSE) de Renault ne se tienne pas[1]. Ce dernier prévoyait en effet de trouver un repreneur pour l’usine, ce que les salarié.e.s refusent catégoriquement.

Mardi, suite à l’annonce de Renault de revendre l’usine, les fondeurs se rassemblent de nouveau devant la sous-préfecture pour exprimer leur colère[2]. À cette occasion, on a pu observer un déploiement inédit de gendarmes autour de la sous-préf. Ce sont 6 camions de gendarmes mobiles qui ont empêché l’accès au bâtiment à la cinquantaine de grévistes en colère.

Aujourd’hui Mercredi, les salarié.e.s ont bloqués la ligne ferroviaire à Lorient. Une visioconférence avec les patrons de Renault a été convenue à 15h à la sous-préfecture[3]. C’est la première fois que les représentants les salariés de l’usine vont être entendus par Renault (seront-ils écoutés ?).

Le déploiement exceptionnel de flics et l’obsession de Renault pour que la fonderie ai un repreneur et pour que l’activité reprenne dans l’usine nous permet de faire deux remarques. D’abord, la fonction des forces de l’ordre et leur rôle social (s’il est encore nécessaire de le rappeler) : la police n’est pas dans notre camp social, elle ne protège que les intérêts des capitalistes. Elle n’hésitera pas à faire abattre une forte répression contre les salarié.e.s et les syndicalistes si nécessaire. Ensuite, on a le sentiment que tout est joué d’avance. Malgré les appels des élu.e.s de la région de Lorient à Renault pour garder la fonderie, malgré les engagements à la relocalisation des industries, malgré la mobilisation admirable des travailleurs et travailleuses, on a l’impression que tout ça ne sont que des coups d’épée dans l’eau. Renault semble déterminé à ce que l’usine ferme. Ce ne serait pas étonnant au vu de la politique des gouvernement successifs depuis une vingtaine d’années, allant toujours dans le sens du capital et jamais des travailleurs, leur permettant de se comporter comme le fait Renault face à ses salarié.e.s.

Les intermittent.e.s et précaires sommé.e.s de quitter le Théâtre

Depuis le début de la semaine, il y a comme un vent de dégagisme au Grand Théâtre de Lorient. Les annonces nationales de déconfinement sont tombées fin avril dernier, laissant présager une réouverture des lieux culturels pour les 17-19 mai prochain. C’est dans cette perspective que la direction du Théâtre de Lorient prévoit une réouverture en juin. Cependant, il semblerait que cette décision de réouverture ne prenne pas en compte les occupant.e.s du Théâtre.

En effet, le 8 mai denier, au 55ème jour d’occupation, les occupant.e.s du Théâtre ont publié un communiqué via leur page Facebook informant que la sous-préfecture refuserait que le Théâtre réouvre si les intermittent.e.s et précaires continuent d’occuper[4]. Quelques jours plus tard, les autorités mises en cause démentent et assurent leur soutien aux occupantes et occupants[5].

Hier, total retournement de veste de la part du maire de Lorient (une spécialité de la droite) : désormais le maire appelle les intermittant.e.s et précaires à la “responsabilité” et de bien vouloir quitter les lieux, prétextant les conditions sanitaires[6]. En réalité, la raison est tout autre, et typique de la droite encore une fois : il faut que les occupant.e.s s’en aille car leur discour dérange. Le maire s’inscrit alors dans la ligne de la direction du Théâtre, souhaitant également le départ des occupant.e.s. Ces derniers et dernières, en revanche ne bougeront pas : “Nous sommes plus déterminés que jamais, on ne lâche rien ni personne”. À ce jour aucunes de leurs revendications n’ont été entendues et acceptées et la communication avec la direction du théâtre semble bouchée.

Face à ces tentatives d’enterrement des luttes sociales : faisons bloc

Il est plus que jamais nécessaire de nous unir en tant que classe contre la politique néolibérale du gouvernement qui précarise toujours plus la population, contre le capitalisme productiviste mortifère qui assassine les terres et les corps. Soutenons les intermittent(e)s et précaires qui occupent le Théâtre de Lorient. Soutenons les salarié(e)s de la Fonderie de Bretagne qui risquent de tomber dans la précarité.

Seule la lutte paye ! Solidarité avec tous les peuples en lutte


[1] France Bleu – “Les salariés de la Fonderie de Bretagne empêchent la tenue du CSE”

[2] Photos sur le Facebook de la CGT FDB & Ouest France – “Fonderie de Bretagne : le conflit social à un tournant”

[3] Photos de Facebook de la CGT FDB & Communiqué de l’UCL Lorient

[4] Communiqué disponible sur leur Facebook

[5] Ouest France – “Intermittents, la Ville n’envisage pas d’expulsion”

[6] Le Télégramme – “Le maire de Lorient invite les occupants du Grand Théâtre à quitter les lieux”


Pour suivre et contacter L’Hermine VNR :

Revue de presse : le 1er Mai dans le Morbihan

Alors, oui on est plutôt en retard pour un article sur le 1er mai. C’était il y a une semaine maintenant, mais, comme vous le savez peut-être, ce projet n’est mené que par 1 personne (pour l’instant !) et c’est donc difficile de tenir la cadence ; mais bon, mieux vaut tard que jamais !

Le 1er mai c’est la « fête du travail », devenue réunion folklorique annuelle des représentant.e.s du mouvement ouvrier à travers la France ; et ce, malgré l’origine combative du 1er mai. Ceci-dit, le 1er mai permet tout de même de prendre la température des forces que la gauche est capable de mobiliser ; et dans notre département très acquis à la droite, aux tièdes et aux confus c’est quand même important. Faisons donc un petit tour dans le Morbihan pour regarder tout ça.

Belle île : on lit sur la page Facebook de l’UL CGT qu’une dizaine de personnes se sont mobilisées à Palais sur le port

Ploërmel : environ 80 personnes ont répondu à l’appel de la CGT

Pontivy : une 100aine de personnes ont manifesté, CGT et PCF en tête

Vannes : idem qu’à Pontivy, une centaine de personnes, la CGT était en majorité mais on compte aussi des intermittent.e.s venus, avec des chanteuses de la chorale Co-clito, animer musicalement le rassemblement

Hennebont : et là on rentre dans le dur du sujet ; autour de 2000 personnes mobilisées à Hennebont, rassemblant, entre autre, les intermittent.e.s qui occupent le Théâtre de Lorient avec les grévistes de la Fonderie de Bretagne (FDB), emmené.e.s par la CGT ; on notera aussi une petite présence de jeunes et d’étudiant.e.s, emmené.e.s par les JC et les Jeunes de l’UDB, chose surprenante (dans le bon sens du terme) étant donné que les universités morbihannaises sont (très) peu politisées

Une chose est claire : la CGT est omniprésente à travers le département. Et c’est normal, c’est le 1er syndicat de France, le 1er de Bretagne et on peut largement affirmer que c’est le 1er syndicat du Morbihan. Ses membres sont, pour la grande majorité, des allié.e.s indéniables de notre camp politique et, au vu de la situation dans le Morbihan, on ne saurait se passer d’elles/eux. Cependant, cela ne les épargne pas de toutes critiques.
Évidemment, la grande critique qu’on leur porte, nous libertaires, c’est d’être dans une approche d’apprivoisement de la société capitaliste, tout en visant la rupture révolutionnaire, peut-être, mais sans amorcer dès maintenant l’érosion, c’est-à-dire le grignotement, la subversion et le remplacement de la société marchande[1].
Si ça n’en fait pas pour autant des ennemis objectifs de notre camp (ni des « collabos »), et que nous respectons la diversité des tactiques de luttes, cette position réformiste peut entraîner des dérives gauchistes qui me gênent profondément, comme ce qu’on a pu observer autour de la mobilisation de la FDB samedi dernier. Bien entendu, il faut soutenir la grève des salarié.e.s de Caudan afin qu’ils et elles ne tombent pas au chômage, il n’est pas question de remettre ça en question ici. Ce qui me gêne particulièrement c’est le citoyennisme d’une pancarte extrêmement visible dans les images de la manif, autour de la banderole cégétiste. On y voit un dessin représentant Marianne (allégorie de la République Française) en larme avec écrit : « Marianne pleure pour la Fonderie de Bretagne et son abandon de Renault ». Ça n’a l’air de rien, mais c’est très important : on laisse entendre que la perdante dans l’histoire c’est la Nation (avec un grand N). C’est un discours tout simplement nationaliste et c’est triste qu’en lieu et place des travailleurs et travailleuses, qui sont, à priori, les premiers/premières menacé.e.s par la fermeture de l’usine, on mette en avant Marianne. D’autant plus venant d’une organisation syndicale avec l’histoire révolutionnaire qui est la sienne. On dira que c’est la faute d’une exposition à de trop hautes doses de PCF (dont le discours, teinté d’une nostalgie déviée des nationalisations de 1945, est sensiblement celui-là), mais ça se soigne.
Cependant, on notera qu’au rassemblement de Vannes le délégué CGT a très justement recentré la raison des mobilisations du 1er mai autour de la notion de classe : « la guerre de classes existe, il nous faut la mener »[2] et « diffusons ensemble une solidarité de classe » ; avant de chanter l’Internationale en hommage à la Commune de Paris. On préférera largement ce genre de discours à celui décrit plus haut (nous montrant une fois de plus la disparité des individus composant le syndicat, rendant impossible l’accusation de « collabo » de façon totale et sans nuances).

La situation des travailleurs et travailleuses de la fonderie de Caudan est très inquiétante et on salut avec fierté et admiration leur mobilisation, elle est la pure expression de la lutte des classes. Le média Basta ! Mag nous partage les propos d’une salariée de l’usine : « Aujourd’hui nous avons tous l’impression que ce sont les patrons qui décident et les politiques qui suivent. Renault a pourtant bénéficié de milliards de subvention de la part de l’État ! ». C’est absolument vrai, les politiques des gouvernements successifs depuis une 20aine d’année ne font qu’aller dans le sens de la bourgeoisie capitaliste, les gavant d’argent public et leur faisant des courbettes. On espère que les emplois seront maintenus et que les négociations engagées (qui s’annoncent âpres) aboutiront à des résultats satisfaisants pour elles/eux. Ce n’est pas la première fois qu’ils/elles luttent, ce ne sera pas la dernière fois qu’ils/elles gagneront. Comme le disait très justement Maël Le Goff, délégué CGT à la fonderie, dans son passage télévisé à l’antenne de Russia Today France (qui, par ailleurs, est très discutable au vu des accointances de cette antenne avec les réseaux conspirationnistes, mais, ceci dit, le choix de médias pour diffuser leur lutte ne doit pas être pléthorique, passons), l’usine leur appartient ; ce sont elles/eux qui y travaillent, elle/eux qui décident.

Une cagnotte de soutien des salarié.e.s a été mise en place : vous pouvez la trouver ici

Solidarité avec les travailleurs.euse.s en lutte
Solidarité internationale avec les peuples en lutte

[1] à ce sujet, lire : « Renouveler l’anarchisme »

[2] une petite chanson (certes un peu trop tendance maoïste mais bon c’est stylé quand même) : Les Nouveaux Partisans de Dominique Grange


Sources :

– Publication épinglée sur l’UL CGT de Belle Île : https://www.facebook.com/Ulcgtbelleile

– Le Télégramme « À Hennebont, l’avenir de la Fonderie de Bretagne au cœur du défilé du 1er mai »

– Ouest France « VIDEO. Hennebont : Un 1er mai en soutien aux salariés des fonderies de Bretagne »

– photos sur le Facebook de la CGT 56 :
https://www.facebook.com/ud.cgtmorbihan/posts/3959620417462809
https://www.facebook.com/ud.cgtmorbihan/posts/3959616200796564

– Russia Today France Fonderie de Bretagne : « Renault organise la mort à petit feu de notre site »

– Le Peuple Breton « Fonderie de Bretagne. Quand Renault veut rassurer ses actionnaires »

– Basta ! Mag « Grève à la Fonderie de Bretagne : malgré des milliards d’euros d’aides publiques, Renault roule ses salariés »

Communiqué de soutien de l’UCL à la FDB

– Ouest France « Ploërmel. La manifestation du 1er mai rassemble 80 personnes »

– Le Télégramme « Pour le 1er mai à Pontivy, peu de monde mais beaucoup de colère »

– Ouest France « Vannes. Une centaine de personnes au rassemblement du 1er mai »

– Le Télégramme « 1er-Mai : une centaine de personnes rassemblées sur le port de Vannes »


PS : Pour finir au sujet de la FDB, on ne peut s’empêcher de caler une petite phrase pour défendre notre chapelle : si la reprise de l’usine par Renault n’aboutit pas, ou pas de façon satisfaisante (par exemple une reprise avec moitié moins d’effectifs), peut-être les travailleur.euse.s pourraient-ils/elles considérer l’option de la socialisation : la reprise de l’outil de production en autogestion en disant fuck aux patrons qui, pour reprendre leur mot, les « trahissent ». Parce que le salariat n’est pas une fatalité, parce que l’industrie de l’automobile ne sera pas écologiquement viable dans une société post-capitaliste, parce qu’un autre monde est possible. Voilà, c’était la minute utopiste, on dit ça en passant, ça n’engage à rien.

Les mauvais jours finiront


Pour suivre et contacter L’Hermine VNR :

8 avril – Convergence des luttes syndicales en Morbihan

Jeudi 8 avril dernier, une mobilisation a été organisée à l’échelle départementale autour de plusieurs syndicats représentant différents secteurs. Retour sur cette journée de mobilisation syndicale.

Dans le secteur de la santé, la CGT des hôpitaux de Vannes et de Lorient mais aussi de l’Établissement Public de Santé Mentale (EPSM) de Saint Avé a mis en place des bureaux d’embauche.

Bureau d’embauche de Vannes

En effet, le secteur est en cruel manque de personnel. Aujourd’hui, en période de pandémie, plus que jamais, mais ce problème ne date pas de l’arrivée du Coronavirus dans nos vies.

 

La direction de l’Hôpital de Vannes joue un double jeu : d’un côté, elle assure ne pas avoir assez de postulant.es, or les travailleurs et les travailleuses assurent recevoir des CV et appels de postulant.es. Ce bureau d’embauche a donc été le moyen pour le syndicat de prouver que les demandes existent, la suite est à la direction de mettre les moyens pour embaucher.

Les syndicalistes dénoncent aussi l’attitude du gouvernement vis-à-vis du manque de moyens dans leur secteur. Le “Ségur de la Santé” n’a engendré que plus d’inégalités : une augmentation de salaire de 183 € a bien été convenue, mais sa répartition dans les hôpitaux est inégale, ce qui engendre des tensions entre collègues. La situation sanitaire s’aggrave : le nombre d’incidence du virus augmente dans le département et les urgences vannetaises sont saturées, il n’y a pas assez de place ni assez de lits pour acceuillir tous les patients. Malgré cela, le président demande (une fois de plus) aux soignant.es de faire des efforts ; sans jamais que leurs compétences soient reconnues et leur salaires ajustés en conséquence. [1]

En même temps, l’intersyndicale SUD-Solidaires, FSU, CGT se mobilisait pour les droits des Accompagnant des élèves en situation de handicap (AESH). Leur rôle est très peu connu du grand public mais ces personnels, majoritairement composés de femmes, sont d’une importance cruciale dans l’accès à l’école pour les élèves handicapé.es. Pourtant, ce sont des travailleurs et travailleuses précaires, dont les salaires ne s’élèvent qu’à 740€ par mois, avec des contrats à temps partiels, sans réelle formation et souvent peu, voire pas du tout équipé.es pour le télétravail. L’instauration des Poles Inclusifs d’Accompagnement Local (PIAL) permet l’affectation des AESH sur une zone étendue, sans qu’ils et elles n’aient de contrôle sur leurs affectations ; les rendant corvéables à merci. Cette situation est une véritable barrière au recrutement de nouveau personnel. L’intersyndicale revendique une hausse des salaires, une véritable formation et un réel statut pour les AESH.

Enfin, plus tard dans l’après midi, un rassemblement intersyndical s’est tenu devant la préfecture du Morbihan. Le syndicat CGT Mines et Energies célébrait les 75ans de la loi de nationalisation des secteurs de l’électricité et du gaz par des députés communistes du Conseil National de la Résistance, faisant de ces secteurs des services publics. Aujourd’hui, plusieurs projets de privatisation menacent ces services publics : le projet “Hercule”[2] et le projet “Clamadieu”. Sans rentrer dans le détail, ces projets ont pour finalité de casser les services publics énergétiques, les statuts de titualaires des salarié.es, menaçant leurs postes. Les syndicalistes mettent en avant leur alternative via le Plan Progressiste pour l’Energie (PPE)

Un entretien avec le délégué départemental de la CGT 56 et les différentes prises de paroles permettent d’élargir la portée du rassemblement aux autres secteurs en lutte : les agent.e.s territoriaux, en lutte contre une augmentation du temps de travail de 1607 heures ; les travailleurs et travailleuses de la Fonderie de Bretagne, en grève depuis près de 2 semaines ; les travailleurs et travailleuses de Mix Buffet en lutte pour de meilleures conditions de travail à Guer. La colère se fait entendre de plus en plus et la grève se généralise, petit à petit, assure le délégué départemental CGT.

Les différentes prises de parole soulignent la nécessité de la convergence des luttes

Toutes ces luttes syndicales s’inscrivent dans une perspective d’émancipation humaine et une répartition plus égale des richesses. La défense des services publics contre la généralisation des privatisations et de la gestion de services d’intérêts généraux par des actionnaires est plus que jamais nécessaire. Même si ces syndicats ne s’inscrivent pas dans une perspective révolutionnaire, nous soutenons quand même ces interventions qui animent notre département, toujours très mous. Autant que possible, nous essayons de distiller nos idées libertaires, d’auto-organisation et d’offensive révolutionnaire pour l’abolition de la société capitaliste. C’est dans la lutte que l’on imposera un monde plus juste, plus égalitaire, libre et démocratique. Ces luttes doivent converger et se coordonner au niveau national pour construire un rapport de force solide pour obtenir la victoire.

Force aux travailleurs et travailleuses en lutte ! Imposons un monde plus juste à travers la lutte !


Pour aller plus loin :

[1] Dossier de l’Union Communiste Libertaire : “Santé, pharma : socialiser, ouvrir une brèche”

[2] Article de Rapport de Force, “Grève dans l’énergie : où en est la bataille contre le projet Hercule ?”

 

Ploërmel. Les nationalistes bretons dans la rue

Nous avions déjà parlé ici des bagarres entre jeunes à Ploërmel, de tristes événements avaient été instrumentalisés par le RN 56 sur les réseaux sociaux. Si le parti à la flamme tricolore reste dans un cadre tout à fait légal, d’autres, militant.e.s nationalistes bretons, passent à la vitesse supérieure.

En effet, de petits groupes de nationalistes bretons se sont rassemblés à Ploërmel les 21 février (environ 15 personnes)[1] et 7 mars (environ 30 personnes)[2] dernier pour protester contre la (prétendue) “insécurité” dans la ville. Pour leur 1er rassemblement, une vidéo a été réalisée et diffusée sur les pages Facebook et Twitter Barr Avel (« tempête » en breton), dédiées au nationalisme breton, proche du parti nationaliste breton d’extrême droite Adsav (« renouveau » ou « renaissance ») et de son chef, Patrick Montauzier.

Dans cette vidéo, on voit les activistes se rassembler dans les Halles des Carmes à Ploërmel, où l’une des bagarres entre jeunes s’était déroulée, et brandir des drapeaux bretons (Gwenn ha Du & Kroaz Du) et une banderole où on peut lire des slogans racistes et nationalistes : « Paris, garde tes immigrés », « Breton maître chez toi ». Les militant.e.s sont masqué.e.s (ou leur visages sont floutés) et agitent des fusées éclairantes en criant : « Jeunesse bretonne anti-racaille » ou encore le très poétique « Ni Paris, ni l’Afrique, ici c’est la Bretagne ». Notons là aussi la rhétorique raciste : les jeunes s’étant bagarrés sont renvoyés à leur afro-descendance essentialisée et sont insultés de « racailles ».

non, merci…

 

 

 

 

 

 

Si ce premier rassemblement a été très court et sans heurts, le second, qui a eu lieu 2 semaines plus tard, fut différent. En effet, les nationalistes étaient deux fois plus nombreux et ont défilé dans Ploërmel (sans autorisation de la préfecture). Ils ont même échangé des coups avec des jeunes de la ville, « une dizaine de gendarmes ont dû intervenir en usant de gaz lacrymogène une dizaine de gendarmes ont dû intervenir en usant de gaz lacrymogène » nous renseigne Ouest France [2]. Ce second rassemblement révèle la capacité de cette bande à faire usage de la violence.

Bien que le groupe ne se revendique pas d’un parti politique dans une interview donnée pour le site d’information d’extrême-droite « Breizh-info », leur racisme anti-migrant n’est pas sans rappeler celui de l’Adsav, de même pour leurs slogans, qui sont directement repris de ce parti. De même, leur vision d’une « Bretagne aux bretons », que l’on retrouve sur la page Barr-Avel se rapproche très clairement de la ligne d’Adsav.

D’autre part, Ploërmel est déjà connu pour avoir été un refuge de l’extrême-droite. Déjà en 2019, l’un des chefs de la Division Nationaliste Révolutionnaire, groupe néonazi, s’y était installé[3]. En revanche on ne peut pas relier la DNR à ce groupuscule nationaliste breton.

Même si, fort heureusement, ce groupuscule ne s’est pas réunis le week-end dernier (13 & 14 mars), on peut tout de même imaginer qu’il se reforme et mène de nouvelles actions dans la région de Ploërmel ou à travers le Morbihan. Que ces actions soient symboliques ou violentes, elles sont inacceptables. Il nous faut dès maintenant organiser la riposte antifasciste et anti raciste dans tout le département contre ce groupuscule raciste et possiblement violent.

Faisons bloc face à l’extrême-droite ! Pour une jeunesse bretonne antifasciste ! Ni racistes, ni fascistes, la Bretagne est antifa !

Siamo tutti antifascisti


Sources :

  1. https://www.ouest-france.fr/bretagne/ploermel-56800/ploermel-des-militants-nationalistes-manifestent-7165121
  2. https://www.ouest-france.fr/bretagne/ploermel-56800/nouvelle-manifestation-d-extreme-droite-a-ploermel-7178002
  3. https://www.letelegramme.fr/bretagne/ultra-droite-un-groupuscule-dans-le-collimateur-des-autorites-04-04-2019-12251535.php

PS : si vous croisez des affiches, des autocollants, ou une quelconque présence de l’extrême droite dans le Morbihan, prenez-les en photos avant de les déchirer et envoyez-les nous à : hermine_vnr[@]riseup.net ou sur nos réseaux sociaux

 

 

Le secteur de la culture mobilisé : rassemblement à Vannes

Aujourd’hui, jeudi 04 mars 2021, suite à l’appel unitaire à mobilisation nationale, environ 40 à 50 personnes se sont rassemblé.e.s devant la préfecture de Vannes pour protester contre la gestion de la crise sanitaire dans le secteur de la culture.

Plusieurs prises de parole délivrent un discours clair : la situation est gelée depuis décembre dernier, la ministre de la culture, Roselyne Bachelot, refuse de dialoguer avec les syndicats du spectacle, mais préfère recevoir le collectif de chanteurs et chanteuses lyrique “UNiSSONS”[1], qui regroupe des personnalités publiques (Roberto Alagna, Philippe Jaroussky, entre autre) dont les situations sont totalement différentes de celles de la plupart des chanteurs et chanteuses lyrique mais qui s’en font les porte-paroles, en s’appropriant la cause. La ministre fait de la communication en oubliant volontairement le dialogue social. Cette situation est exaspérante pour les acteurs et actrices du secteur de la culture, qui ont le sentiment d’être privé.e.s de leurs métiers.

Leur volonté est d’engager la discussion dans toutes les institutions culturelles, (régionales, départementales, locales), afin de trouver une solution pour “travailler quand même”[2].

D’autres prises de parole par des représentants des sans-emplois et du secteur de l’éducation rappellent la logique d’ensemble du gouvernement qui consiste à discréditer la parole syndicale, tout en cassant les services publics et les protections sociales, notamment pour les chômeurs (revalorisation des allocations chômages).

Une discussion est en cours entre les différents syndicats pour, peut-être, organiser un nouveau rassemblement unitaire autour du 20 mars prochain.

Pour finir, on ne peut que déplorer l’absence des médias pour couvrir cette manifestation. La culture est un secteur essentiel à la vie de toutes et tous et est aujourd’hui en danger. Une mobilisation des acteurs et actrices du secteur mais aussi du public est nécessaire pour faire bouger les lignes.


[1] https://www.francemusique.fr/musique-classique/menaces-les-artistes-lyriques-creent-le-collectif-unisson-et-appellent-l-etat-a-l-aide-83267

[2] https://sfa-cgt.fr/sites/default/files/sfa_travaillerquandmeme_covid19_0.pdf

PS : si vous croisez des affiches, des autocollants, ou une quelconque présence de l’extrême droite dans le Morbihan, prenez-les en photos avant de les déchirer et envoyez-nous les photos à : hermine_vnr[@]riseup.net ou sur nos réseaux sociaux

 

 

Quand l’extrême droite manipule des faits divers pour servir son agenda politique

Hier, le 15 février 2021, Cem, militant antifasciste à la Jeune Garde Strasbourg, revenait en vidéo sur l’affaire Yuriy (ce jeune homme très violemment tabassé par plusieurs personnes il y a 1 mois).

Cliquez sur l’image pour regarder la vidéo

Dans cette vidéo très claire, Cem rappelle que ce fait divers a été largement repris et instrumentalisé par l’extrême droite médiatique (C News en tête) et partisane (Rassemblement National et Génération Identitaire). Une occasion de plus pour alimenter la peur et la haine à grand renforts de concepts fantasmés, comme le “racisme anti-blanc”.

Bien entendu, nous condamnons cette agression, cependant celle-ci peut s’expliquer par les sciences sociales, la sociologie et les observations des phénomènes de bagarres entre bandes de jeunes ; des études très éloignées de la rhétorique effrayée de l’extrême droite.

Cette instrumentalisation de faits divers est aussi à l’œuvre localement, notamment par le Rassemblement National du Morbihan (c’est sûrement la nouvelle mode au sein du parti). C’est en effet ce que témoigne ce communiqué du 12 février dernier :

La bafouille signée madame Richard nous informe de 3 agressions ayant eu lieu dans la commune de Ploërmel :

  • Pour la première, impossible de trouver des informations sur internet (affaire à suivre…)
  • Pour la seconde, il s’agit d’une affaire en cours sur des actes de torture perpétrés sur un jeune homme de 20 ans en décembre dernier ; article de Ouest France là-dessus
  • Pour la dernière, ce sont 2 bagarres entre jeunes ayant eu lieu dans le centre ville de Ploërmel, qui ont été filmées et postées sur les réseaux sociaux ; article des Infos du Pays Gallo là-dessus

Ces violences sont extrêmement tristes et regrettables, bien évidemment. Mais portons le regard plus loin.

Ce communiqué intervient dans un contexte national où l’extrême droite fait la Une de tous les médias[1], où ses idées et éléments de langages sont repris par des membres du gouvernement[2], quand ceux-ci ne sont pas directement issus de ce bord politique[3]. De plus, au niveau local, le RN 56 est très actif en ce moment. En effet, les élections départementales et régionales sont prévues pour cette année et le parti s’y prépare activement[4], comme on peut le constater sur leur page Facebook.

Je vous présente Lucas Chancerelle (étudiant en droit et cadre du parti au niveau départemental) qui s’active à coller des affiches “Français, réveillez-vous !”
A croire que le RN est passé à côté du réveil du mouvement social ses dernières années…

Pour revenir au communiqué, il se termine par un élan de générosité : la promesse de prendre en charge la jeunesse déscolarisée. Beau programme ! Seulement, le parti à la flamme tricolore (qui, rappelons-le, est copié sur le logo d’un parti néo-fasciste italien) compte faire cela en “établissant des filières professionnelles d’excellence” et veut “développer des lycées professionnels ou technologiques de la seconde chance sur tout le territoire”.

Or, l’extrême droite ne semble pas être au courant de la casse du système éducatif français, à l’oeuvre depuis le quinquennat de Nicolas Sarkozy et sans discontinuer. Le crédo dans ce secteur pourrait se résumer en 5 phrases : moins de profs, moins de moyens alloués aux établissements, mais toujours plus de travail, donc toujours plus d’inégalités. La littérature syndicale est très fournie à ce sujet (site de Sud éducation ; site du syndicat SNES), en témoigne les récentes luttes des acteurs et actrices du secteur[5].

Le discours du RN 56 est d’autant plus démagogique que le parti de la dynastie Le Pen ne cesse d’apporter son soutien aux policiers, militaires et autres porteurs et porteuses d’armes et d’uniformes, mais très peu (pour ne pas dire rien du tout) aux enseignants.

Nous, libertaires et antifascistes, sommes pour la lutte révolutionnaire contre toutes formes d’autorités et d’oppressions ainsi que la reprise en main démocratique de tous les aspects de notre société (éducation comprise) par l’action directe et l’autogestion.

Dès à présent, organisons-nous collectivement pour abattre le capitalisme et l’État ! Sur les cendres du vieux monde, nous construirons une société plus égalitaire, plus écologique sur des bases de solidarité et de démocratie directe !

Siamo tutti antifascisti


[1] Le fameux “débat” entre Marine Le Pen et Gérald Darmanin, le 11 février 2021 sur France 2

[2] La ministre de l’enseignement supérieur F. Vidal sur l'”islamogauchisme” à l’université : https://twitter.com/SoundofScFr/status/1361393467558141960?s=20

[3] Gérald Darmanin, ministre de l’intérieur, violeur et ancien membre de l’Action Française : https://www.nantes-revoltee.com/separatisme-darmanin-etait-lie-a-un-groupuscule-royaliste-et-petainiste/

[4] article de Ouest France, “Morbihan. Élections départementales : le Rassemblement national affiche ses ambitions” : https://www.ouest-france.fr/bretagne/gourin-56110/morbihan-elections-departementales-le-rassemblement-national-affiche-ses-ambitions-7143130

[5] Sud éducation : caisse de soutien aux AED et AESH en grève à partir du 19 janvier : https://www.sudeducation.org/infos_epinglees/caisse-de-greve-aed-aesh/

PS : si vous croisez des affiches, des autocollants, ou une quelconque présence de l’extrême droite dans le Morbihan, prenez-les en photos avant de les déchirer et envoyez-les nous à : hermine_vnr[@]riseup.net ou sur nos réseaux sociaux

 

 

À Vannes, la LGBT+phobie ne passera pas !

Samedi dernier (30/01/2021), à Vannes, entre 200 et 250 personnes se sont rassemblées sur la place des Lices suite à l’appel du collectif « Marchons Enfants », qui regroupe de nombreuses associations et mouvements homophobes comme « La Manif Pour Tous », à manifester contre le projet de loi bioéthique.

En réponse, une centaine de jeunes militant.e.s LGBTQ+ leur ont fait face. On a pu y entendre et lire des slogans comme « PMA pour tou.te.s », « l’homophobie tue », « la transphobie tue » et y voir de beaux drapeaux de la fierté homosexuelle et transgenre. Ce groupe s’est finalement déplacé jusqu’à l’Hôtel de ville, avant de se disperser.

En tant que libertaires, il est pour nous évident de soutenir ce genre d’initiative ! Les droits et libertés des personnes LGBTQ+ sont des droits et des libertés humaines, il est absolument nécessaire de les protéger et de les renforcer !

De plus, en tant qu’antifascistes, ce mouvement s’inscrit dans une lutte importante contre l’extrême droite, ses idées rétrogrades et son monde passéiste que nous abhorrons. En effet, on a pu voir dans de nombreuses villes de France la présence de fascistes au sein de ces manifestations, ce qui a pu générer des heurs avec les contre-manifestants & les antifa. Bien que la situation n’ai pas dégénéré à Vannes, les fascistes étaient bien présent.e.s.

En effet, même si le Morbihan ne constitue pas un bastion pour l’extrême droite[1], on a pu remarquer, avec les camarades du pays vannetais, la prolifération d’affiches du parti « national-catholique » Civitas à travers la ville.

Si ces affiches concernent l’école hors-contrat, leur sujet de prédilection en ce moment est précisément l’opposition catégorique à la GPA et la PMA, au nom d’une opposition au transhumanisme, qui cache en fait un puritanisme religieux, une homophobie et une transphobie crasses. À noter que Civitas est aussi ouvertement islamophobe (quelle surprise ! Non).

En plus de cela, on a retrouvé autour de la place des Lices, quelques jours après le rassemblement, des petits stickers de nos royalistes préférés : l’Action Française (mais si, vous savez, ceux qui rendent hommage à Louis XVI pour avoir été « victime de la Révolution Française »).

La présence de ces personnes est plutôt inquiétante étant donné que, officiellement, il n’existe pas d’antenne de Civitas ni de l’Action Française dans le Morbihan. On peut donc faire 2 hypothèses : 1) soit ce sont des militant.e.s isolé.e.s ; dans ce cas là, il se pourrait que ce soit certains des agents du service d’ordre de la manifestation (en t-shirts orange sur la photos au dessus), 2) soit ce sont des antennes qui sont en train de se créer et de marquer leur territoire. Dans les 2 cas, ce n’est pas bon.

Il est nécessaire que nous, jeunes libertaires et antifascistes, nous organisions dès maintenant contre l’extrême droite et ses idées, de diffuser un contre-discours radical, révolutionnaire, contre toutes formes de dominations et de discriminations, de développer nos idées d’entre-aide, d’autogestion, de liberté et d’égalité !

C’est le but de l’Hermine Vénère

Siamo tutti antifascisti


[1] Même si on a pu avoir à faire aux néo-nazis de la Division Nationaliste Révolutionnaire en 2019, article de La Horde à ce sujet : https://lahorde.samizdat.net/bretagne-les-neonazis-de-la-dnr-refont-parler-deux

Sources :

https://www.ouest-france.fr/bretagne/morbihan/vannes-pres-de-200-personnes-manifestent-contre-le-projet-de-loi-bioethique-

https://www.letelegramme.fr/morbihan/vannes/pro-et-anti-pma-opposes-dans-les-rues-de-vannes-30-01-2021-

PS : si vous croisez des affiches, des autocollants, ou une quelconque présence de l’extrême droite dans le Morbihan, prenez-les en photos avant de les déchirer et envoyez-les nous à : hermine_vnr[@]riseup.net ou sur nos réseaux sociaux

Merci à Théo pour la relecture