Vannes : une Pride festive et revendicative

Samedi 29 mai 2021 s’est tenue, pour la 1ère fois dans l’histoire de la ville de Vannes, une marche des fiertés LGBTQIA+. C’est un événement important pour cette ville bourgeoise qui a une histoire très ancrée à droite. En effet, lorsque l’on décrit le découpage politique du département du Morbihan à la fin du XIXe siècle – début XXe siècle, on parle de Lorient « la rouge » (couleur historique du mouvement ouvrier et du socialisme) et de Vannes « la blanche » (couleur désignant les monarchistes). De plus, la mairie est campée par la droite conservatrice (les « centristes » ou « démocrates-chrétiens ») depuis la fin de la 2nde guerre mondiale. D’autre part, Vannes est une ville très catholique : le Diocèse y est installé et on ne peut pas dire que l’Église de Rome est une grande alliée des LGBTQIA+. Tout ça sans compter l’activité des groupuscules d’extrême-droite tels que La Manif pour Tous (qui avait déjà sévit en début d’année 2021 et qui est soutenue par le Diocèse de Vannes), Civitas (qui en plus d’être LGBT+phobe est islamophobe) ou encore l’Action Française (qui cumule tout : LGBT+phobie, islamophobie, racisme, antisémitisme, n’en jetez plus la coupe est pleine) qui sont relativement actifs à travers le département. On comprend donc aisément pourquoi une marche des fiertés n’ai pas vu le jour plus tôt dans cette ville du Golfe du Morbihan.

C’est donc avec bonheur que l’on a pu voir près de 500 personnes faire flotter des drapeaux de la fierté gay, lesbienne, transgenre, non-binaire (entre autre, je suis pas expert en drapeaux désolé) dans les rues de la ville ! Tout en entendant tonner les slogans : « La rue est à nous ! » et « Homophobie/Transphobie, on n’en veut pas ! ».

Au delà de la fête (qui est cependant très rafraîchissante en ces temps de pandémie), cette marche était aussi, en effet, un événement éminemment politique. Une véritable lutte sociale pour des droits humains encore aujourd’hui bafoués et/ou non-reconnus par les autorités ; des gens dont on nie l’existence ! C’est ce qu’a voulu faire passer Johanne, militant trans et anarchiste, en rappelant l’origine de la Pride : les émeutes de Stonewall en 1969-70. On notera aussi qu’un élu municipal a annoncé que la ville de Vannes, en opposition à certaines villes de Pologne par exemple, était désormais une « Terre de liberté pour les LGBTQIA+ ». Un beau symbole, mais seulement un symbole qui, au mieux, ne servira que de token (jeton) pour les maires suivant.e.s, histoire de dire « on est avec vous » et, au final, s’accorder le droit de ne rien faire de concret.

Parce qu’il y avait du concret. Les revendications étaient claires :

– une PMA pour toustes

– l’interdiction définitive des mutilations des personnes intersexes à la naissance

– la reconnaissance des personnes non-binaires

– l’interdiction des thérapies de conversion

– la lutte contre la transphobie médicale

– la lutte contre la précarité des LGBTQIA+ (qui le sont malheureusement très souvent)

– virer Darmanin du ministère de l’intérieur et virer le ministère tout entier et l’État bourgeois avec (bon ça j’avoue c’est moi qui ai rajouté)

Avant de commencer la marche, un die in a été organisé en hommage à Maxence, adolescent transgenre vannetais qui s’est suicidé, comme beaucoup trop de personnes LGBTQIA+ encore aujourd’hui en France.

Trop fortent les lesbiennes !

Après la marche, on a pu discuter un peu avec Johanne à propos de son militantisme. Il affirme : « Quand on est trans, on doit être libertaire. La pression des institutions envers nous est trop forte pour ne pas l’être. ». D’autre part il assure qu’il y aura de prochaines Pride à Vannes à l’avenir. Si celle-ci était très jeune, « on voudrait pouvoir toucher les plus vieux également ; notamment les parents des jeunes présent.e.s à cette Pride, afin de montrer qu’iels soutiennent leur(s) enfant(s) ».

Johanne est également comédien et directeur artistique de la compagnie « Catharsis » avec son camarade Julien Tanguy. Tous les deux ils réalisent des pièces de théâtre, militent pour un accès à la culture qui soit le plus large possible et soutiennent les occupation de théâtre à travers la France, notamment à Lorient, contre la réforme du chômage.

En conclusion, le militantisme LGBTQIA+ a de beaux jours devant lui dans le département et les anarchistes seront toujours près d’elleux ! Vive la Pride !

(et fuck les fachos lgbt+phobes, on vous voit)


Pour suivre et contacter L’Hermine VNR :

À Vannes, la LGBT+phobie ne passera pas !

Samedi dernier (30/01/2021), à Vannes, entre 200 et 250 personnes se sont rassemblées sur la place des Lices suite à l’appel du collectif « Marchons Enfants », qui regroupe de nombreuses associations et mouvements homophobes comme « La Manif Pour Tous », à manifester contre le projet de loi bioéthique.

En réponse, une centaine de jeunes militant.e.s LGBTQ+ leur ont fait face. On a pu y entendre et lire des slogans comme « PMA pour tou.te.s », « l’homophobie tue », « la transphobie tue » et y voir de beaux drapeaux de la fierté homosexuelle et transgenre. Ce groupe s’est finalement déplacé jusqu’à l’Hôtel de ville, avant de se disperser.

En tant que libertaires, il est pour nous évident de soutenir ce genre d’initiative ! Les droits et libertés des personnes LGBTQ+ sont des droits et des libertés humaines, il est absolument nécessaire de les protéger et de les renforcer !

De plus, en tant qu’antifascistes, ce mouvement s’inscrit dans une lutte importante contre l’extrême droite, ses idées rétrogrades et son monde passéiste que nous abhorrons. En effet, on a pu voir dans de nombreuses villes de France la présence de fascistes au sein de ces manifestations, ce qui a pu générer des heurs avec les contre-manifestants & les antifa. Bien que la situation n’ai pas dégénéré à Vannes, les fascistes étaient bien présent.e.s.

En effet, même si le Morbihan ne constitue pas un bastion pour l’extrême droite[1], on a pu remarquer, avec les camarades du pays vannetais, la prolifération d’affiches du parti « national-catholique » Civitas à travers la ville.

Si ces affiches concernent l’école hors-contrat, leur sujet de prédilection en ce moment est précisément l’opposition catégorique à la GPA et la PMA, au nom d’une opposition au transhumanisme, qui cache en fait un puritanisme religieux, une homophobie et une transphobie crasses. À noter que Civitas est aussi ouvertement islamophobe (quelle surprise ! Non).

En plus de cela, on a retrouvé autour de la place des Lices, quelques jours après le rassemblement, des petits stickers de nos royalistes préférés : l’Action Française (mais si, vous savez, ceux qui rendent hommage à Louis XVI pour avoir été « victime de la Révolution Française »).

La présence de ces personnes est plutôt inquiétante étant donné que, officiellement, il n’existe pas d’antenne de Civitas ni de l’Action Française dans le Morbihan. On peut donc faire 2 hypothèses : 1) soit ce sont des militant.e.s isolé.e.s ; dans ce cas là, il se pourrait que ce soit certains des agents du service d’ordre de la manifestation (en t-shirts orange sur la photos au dessus), 2) soit ce sont des antennes qui sont en train de se créer et de marquer leur territoire. Dans les 2 cas, ce n’est pas bon.

Il est nécessaire que nous, jeunes libertaires et antifascistes, nous organisions dès maintenant contre l’extrême droite et ses idées, de diffuser un contre-discours radical, révolutionnaire, contre toutes formes de dominations et de discriminations, de développer nos idées d’entre-aide, d’autogestion, de liberté et d’égalité !

C’est le but de l’Hermine Vénère

Siamo tutti antifascisti


[1] Même si on a pu avoir à faire aux néo-nazis de la Division Nationaliste Révolutionnaire en 2019, article de La Horde à ce sujet : https://lahorde.samizdat.net/bretagne-les-neonazis-de-la-dnr-refont-parler-deux

Sources :

https://www.ouest-france.fr/bretagne/morbihan/vannes-pres-de-200-personnes-manifestent-contre-le-projet-de-loi-bioethique-

https://www.letelegramme.fr/morbihan/vannes/pro-et-anti-pma-opposes-dans-les-rues-de-vannes-30-01-2021-

PS : si vous croisez des affiches, des autocollants, ou une quelconque présence de l’extrême droite dans le Morbihan, prenez-les en photos avant de les déchirer et envoyez-les nous à : hermine_vnr[@]riseup.net ou sur nos réseaux sociaux

Merci à Théo pour la relecture